Contenu

PDE et risque routier

 


Le développement des plans de déplacements des entreprises, avec les volontés de réduire l’usage de la voiture solo, d’autres modes se trouvent valorisés (vélo, covoiturage) ou privilégiés par les usagers (2 roues motorisés).
Or si les reports modaux obtenus grâce à la mise en œuvre d’un plan d’actions peuvent paraître justifiés d’un point de vue environnemental (moindre pollution), il est légitime de porter attention à l’impact de leur développement en termes de sécurité routière et plus particulièrement sur l’exposition au risque des usagers de ces modes alternatifs.

Le rapport ci-après « Les accidents de la circulation au cours des trajets domicile-travail État des connaissances pour les deux-roues motorisés, le vélo et le covoiturage » (décembre 2010 ), a été élaboré pour appréhender les éventuels sur-risques de ces modes notamment, dans le cadre des trajets domicile-travail. Il est disponible à l’adresse suivante : http://www.certu-catalogue.fr/accidents-de-la-circulation-au-cours-des-trajets-domicile-travail-les.html
 

Il conclut que :

  • le risque du report modal des PDE réside surtout dans l’utilisation plus forte des deux-roues motorisés dont la sinistralité est bien plus élevée, ces accidents entraînant des séquelles plus sévères comparées aux autres modes de déplacement, des incapacités temporaires et permanentes bien supérieures en proportion si on les met en regard avec les répartitions modales, les distances parcourues, les parcs de véhicules relatifs des différents modes.
  • les chiffres disponibles concernant l’accidentologie « vélo » témoignent par contre dans leur ensemble d’une faible « dangerosité » de ce mode de déplacement. Cette « dangerosité » est à minorer encore plus lorsque l’on parle des déplacements domicile/travail ; cela est imputable au profil des personnes concernées (âge entre autres), aux caractéristiques de leurs parcours (à dominante urbaine, trajet à caractère utilitaire) et à leur traumatologie propre (à peine supérieure à celle des autres victimes malgré une vulnérabilité supérieure due à l’absence de protection) ; cette exposition au risque diminue aussi en agglomération, lorsque la proportion de cyclistes devient importante. Du point de vue de la santé, le risque d’accidents de la circulation doit être analysé en prenant en compte le bénéfice que procure un usage régulier du vélo : réduction des maladies cardiovasculaires et du nombre de cancers. Les configurations « types d’accidents » étant identifiées, des actions de prévention pourront être utilement menées pour faire baisser encore le risque lié à son usage.
  • le bilan est plus difficile à réaliser quand on se penche sur le « covoiturage », parce qu’il n’existe pas d’étude spécifique et que les données actuelles ne permettent pas de tirer des conclusions.

Il s’agit néanmoins d’un travail réalisé sur la base de statistiques nationales et selon l’environnement considéré, différentes positions sont à tenir. Ainsi, selon le contexte, rencontré, on peut sans hésitation promouvoir les modes actifs, alors que dans des contextes plus spécifiques, des aménagements préalables doivent être mis en oeuvre (exemple : zones d’activités où se mélangent des entreprises de transports et de logistique avec des entreprises à forts effectifs de salariés).

Par ailleurs, la prise en compte des risques routiers est une obligation pour certaines entreprises dans le cadre des Plans de Prévention des Risques Routiers (PPRR) ; se reporter à la sous-rubrique Lien entre l’obligation PDE et d’autres réglementations pour plus de précisions.