Contenu

Piloter un PDE/PDIE


 

La question particulièrement prépondérante du pilotage de la démarche est présentée ci-après.

Pour ce qui concerne les PDE (impliquant une seule entreprise), plus haut dans la hiérarchie de l’entreprise il est porté, plus de moyens sont mis en œuvre et plus la démarche est prise au sérieux par les collaborateurs, les partenaires (collectivités, AOT, etc.) et les salariés de l’entreprise.
Un comité technique et un comité de pilotage doivent être mis en place pour mener à bien le projet.

Dans le cadre d’un PDIE (au moins deux entreprises), les mêmes principes sont à respecter au sein de chaque entreprise. Cependant, compte tenu de la pluralité des entreprises et du périmètre important du projet, les solutions de pilotage ou de portage sont généralement plus nombreuses :
  • pilotage par une association syndicale libre (ASL) type loi « 1865 » ou une association d’entreprises à but non lucratif type « loi 1901 » ; il s’agit des configurations les plus fréquemment rencontrées.
    Une ASL assure un rôle proche de celui d’un syndic et n’a pas normalement vocation à porter une démarche PDIE ; une autre difficulté de ce portage est la nécessité de défendre une position claire sachant que les enjeux auxquels doit faire face ce type d’association sont pluriels (voir plus loin la rubrique Clés de la réussite). L’intérêt de ce montage est néanmoins de s’appuyer sur une structure préexistante. De la même manière, une association « loi 1901 », sauf à disposer ou recruter un employé déjà formé, parait d’emblée peu armée pour ce genre d’exercice si le management de la mobilité n’est pas sa spécialité, mais l’avantage est qu’elle sera peut-être plus libre dans ses réflexions et ses actions.
  • pilotage par une des entreprises du PDIE : la difficulté est de trouver la « perle rare » ; se pose aussi la question de la répartition de la charge du portage entre les entreprises, qui, quoi qu’il en soit, représente un coût. Néanmoins, comme dans toute démarche, la mobilisation de moyens propres est souvent plus efficace.
  • pilotage par l’AOTU : si assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée d’un projet est moins consommatrice de temps que sa maîtrise d’œuvre, ce genre de pilotage reste peu répandu en raison des moyens actuellement alloués localement au conseil en mobilité par les AOTU. Se pose par ailleurs la question du rôle ambiguë [1] que sont en mesure de jouer les EPCI, notamment s’ils sont amenés à jouer un rôle dans la diagnostic et le plan d’actions, que ce soit au niveau des mesures en matière de transport ou de mobilité, ou dans d’autres domaines (si d’autres compétences lui ont été transférées comme par exemple la compétence « élaboration du PAVE [2] »).
  • association de commerçants : ce type de portage peut être intéressant pour réaliser des PDIE de zones commerciales ou de centre ville (le flux déplacements principaux étant dus à la clientèle des commerces).
  • Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) : ce type de portage du fait de l’expertise des CCI sera le plus approprié pour mener des PDIE de filières notamment...

Quel que soit le mode de pilotage ou portage retenu, il convient de rappeler que pour être crédible le porteur ou le pilote désigné doit se montrer particulièrement exemplaire en matière d’écomobilité. Par ailleurs, un PDE est avant tout une démarche participative ; les solutions ne doivent pas être décrétées autoritairement, mais doivent émerger de la concertation et des groupes de travail regroupant les principaux intéressés, à savoir les directions des entreprises, les salariés, leurs représentants désignés, les acteurs locaux (AOT, collectivités, CCI...).

[1] pas facile pour une AOT de déclarer ouvertement que son offre de transport souffre de carences ou pour un EPCI à qui a été transféré la compétence « élaboration du PAVE » que les arrêts bus ne sont pas accessibles...

[2] plan de mise en accessibilité